NOUS SOMMES DÉJÀ TROP NOMBREUX POUR VIVRE

KARAX

NOUS SOMMES DÉJÀ TROP NOMBREUX POUR VIVRE, POUR VIVRE NON PAS EN INSECTES, MAIS EN HOMMES ; NOUS MULTIPLIONS LES DÉSERTS À FORCE D’ÉPUISER LE SOL, NOS FLEUVES NE SONT PLUS QUE DES SENTINES ET L’OCÉAN ENTRE À SON TOUR EN AGONIE, MAIS LA FOI, LA MORALE, L’ORDRE

ET L’INTÉRÊT MATÉRIEL S’UNISSENT POUR NOUS CONDAMNER À LA PEUPLADE : IL FAUT AUX RELIGIONS DES FIDÈLES, AUX NATIONS DES DÉFENSEURS, AUX INDUSTRIELS DES CONSOMMATEURS, C’EST DIRE QU’IL FAUT DES ENFANTS À TOUT LE MONDE, N’IMPORTE CE QU’ILS DEVIENDRONT, ADULTES.

 

NOUS SOMMES POUSSÉS DANS LES REINS AU-DEVANT DE LA CATASTROPHE ET NOUS NE POUVONS MAINTENIR NOS FONDEMENTS QU’EN ALLANT À LA MORT, JAMAIS IL NE S’EST VU DE PARADOXE PLUS TRAGIQUE, JAMAIS IL NE S’EST VU D’ABSURDITÉ PLUS MANIFESTE, JAMAIS LA PREUVE QUE CET UNIVERS EST UNE CRÉATION DU HASARD, LA VIE, UN ÉPIPHÉNOMÈNE ET L’HOMME, UN ACCIDENT, N’A REÇU DE PLUS GÉNÉRALE CONFIRMATION.

NOUS N’AVONS JAMAIS EU DE PÈRE AU CIEL, NOUS SOMMES ORPHELINS, À NOUS DE LE COMPRENDRE, À NOUS DE DEVENIR MAJEURS, À NOUS DE REFUSER L’OBÉISSANCE À CEUX QUI NOUS ÉGARENT ET D’IMMOLER CEUX QUI NOUS DÉVOUENT À L’ABÎME, CAR NUL NE NOUS RÉDIMERA SI NOUS NE NOUS SAUVONS NOUS-MÊMES.

 

 

 

 

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